MARCHE AVEC LES LOUPS : Notre avis sur le film !

MARCHE AVEC LES LOUPS : Notre avis sur le film !

Marche avec les loups, le film 

Marche avec les loups est un film sorti en salle en France le 15 janvier 2020, réalisé par Jean-Michel Bertrand. Une très bonne nouvelle pour tous les fans de loups donc qui peuvent en apprendre plus sur la dispersion des loups et la quête territoriale des jeunes adultes qui quittent la meute pour construire leur propre meute. Ce film reportage peut être vu comme la suite du premier opus "La vallée des loups" sorti en 2017 par le même réalisateur. De nombreux articles sont disponibles pour comprendre le contexte de sortie de ce film, entre colère de certains éleveurs et soutien de la part des défenseurs de la cause animale.
Nous avons eu la chance de pouvoir voir le film il y a quelques jours et nous nous sommes amusés à réaliser une petite interview post-visionnage !

Quelles sont tes premières impressions en sortant de la salle ?

Nashoba : Mon premier sentiment a été de savoir si j’avais vu un film ou un documentaire. Les premières minutes du film, j’ai cru voir un « monsieur catastrophe » qui surjouait complètement et au final, je ne sais pas vraiment si les scènes étaient écrites ou non.

Meika : Oui c’est vrai, j’ai eu la même sensation que toi. Après nous avoir montré de très belles images de loup dans son milieu naturel, on passe une vingtaine de minutes à voir le protagoniste équiper les arbres alentours avec des caméras à détection automatique, se protéger du froid dans une grotte, installer son bivouac… mais j’ai compris qu’aucun texte n’était écrit quand j’ai entendu les énormes grossièretés qu’il envoie. Je pense à la patate chaude qu’il fait tomber et les jurons qui vont avec. Absolument pas nécessaire de mettre ça dans un film pour les loups.

Nashoba : Oui, il y avait un décalage entre la promesse du film, c’est à dire une marche avec les loups, et la réalité de l’écran, c’est à dire un homme qui vit dans des conditions difficiles pour suivre la trace des loups. Personnellement je m’en fous un peu de savoir ce qu’il mange, de voir sa vie à lui…

Seul avec les loups

Jean-Michel Bertrand après une nuit bien fraiche en bivouac

Meika : Oui, finalement le titre du film devrait être « escapade solitaire sur le territoire des loups » ou « Into the Wild avec les loups ». Là, on aurait compris qu’il allait aussi s’agir de survivalisme. Pourtant, on est d’accord pour dire que vivre comme il l’a fait pour les besoins du film, c’est quand même vachement inspirant !

Nashoba : Complètement ! Avec ce qu’on vient de dire, on va avoir l’impression qu’on a détesté le film (Rires). Mais en réalité, c’était vraiment beau de voir le loup dans son habitat naturel et la nature qui est splendide. En plus d’être beau, le film est engagé pour la cause du loup et c’est fascinant de voir l’importance que l’homme doit avoir sur la préservation des espèces et de la nature. 

Qu’aurais-tu aimé voir ou ne pas voir ?

Nashoba : Pour nous imager les mouvements des loups dans la vallée, Jean-Michel Bertrand prend une carte IGN papier et nous dessine grossièrement des flèches et des croix, façon plan de jeu footballistique. 

Marche avec les loups plan

Carte qui permet aux spectateurs de comprendre que les loups se déplacent vers le Nord

J’ai trouvé que cette cartographie manquait de finesse, il aurait pu l’intégrer de manière plus élaborée au film, quitte à faire une modélisation de carte et nous expliquer le parcours des loups, pourquoi ils passent par tel chemin, où sont les caméras à détection...

Meika : D’accord avec toi sur le principe, mais je pense qu’imager des mouvements de populations animales dans un film, ça ne doit pas être facile, surtout qu’il ne le sait pas à l’avance... Je crois finalement que cette authenticité a été la grande force de ce film. Ils ont réussi à tourner dans plein de conditions climatiques et sur des paysages vraiment très différents, et sur grand écran c’est grandiose ! En revanche, les ellipses temporelles sont à mon sens plutôt mal expliquées, le tournage à quand même duré 3 ans et on a parfois l'impression qu'il est monté à l'envers.

marche avec les loups

Un moment de contemplation dans cette cabane du Jura abritant les voyageurs de passage

Nashoba : Moi j’attendais plus d'informations concernant les loups. J’aurai voulu plus d’explications autour des codes de la meute, de la hiérarchie, de leur manière de vivre… et au final ont a pas du tout vu ça. Je voulais en apprendre plus sur le loup des Alpes. Même quand il parle du jeune loup qui tombe amoureux et s’installe avec une femelle à la fin du film, il nous parle très (trop) rapidement des rites de passage à l'âge adulte, comment se comportent le couple loup et louve à la chasse... C’est ça que j’aime voir !

Meika : C’est vrai que l’on a vu juste une petite partie de la vie du loup qui est « l’extension territoriale » depuis les Alpes et comment les jeunes loups vont conquérir de nouvelles terres. On a quand même vu de jolis louveteaux au début du film. Mais je pense que ce serait utile que l’on regarde le 1er film, « la vallée des loups » pour en apprendre plus. Moi il y a un truc qui m’a un peu dérangé, c’est la voix très rauque de la voix off. Le texte est plutôt bien, mais je ne me suis pas senti transporter pas la voix. J’ai plutôt eu envie de lui servir une bonne tisane avec du miel (Rires). 

 

Nashoba : En tous cas les musiques étaient géniales.

Meika : C’est vrai que c’était très beau. Et que dire de la qualité des images ? C’était super quand même, et je me suis sentie privilégiée de voir des images filmées avec des caméras à détection automatique lorsque le loup passe devant. Le loup sauvage dans son espace naturel, c’est tellement authentique !

Selection article loup nature

Nashoba : Oui, il y a quelques séquences au drone qui sont juste magnifiques !

Meika : Oui, les paysages sont très diversifiés et la qualité des images très bonne. Et les animaux ! Il y a des chamois, des petits insectes, des lynx, des renards, des aigles, des blaireaux… c’était chouette de voir la nature dans son ensemble.

Que penses-tu du message transmis par le film ?

Nashoba : Il est évidemment pro-loup, et tant mieux ! Je sais que ce film a suscité la colère de certains éleveurs et syndicats agricoles, organisant tractages et opération de mobilisation contre le film à Gap. Jean-Michel Bertrand aurait même reçu des menaces de mort avant la sortie de son film. Je trouve au contraire qu’il explique très bien dans le film quelle place doit avoir le loup dans les massifs, et comment leur nombre s’auto-régule sur les territoires.

Meika : Oui, il met aussi rapidement en lumière comment nos vies modernes ont et continuent de bouleverser la nature. Il parle également de l'expansion du territoire du loup vers le Jura en revenant sur un évènement tragique survenu il y a quelques années. En effet, un loup s’était fait percuter par une voiture sur une voie rapide à Grenoble en tentant probablement de migrer vers un nouveau territoire. Il évoque aussi les quotas d’abattage des loups, ce non-sens pour cette espèce qui est toujours menacée. J’ai aussi été très émue quand il séjourne dans la petite cabane dans le Jura et qu’il lit le cahier de recueil de cette dame qui venait souvent admirer les lynx. Cette cabane aurait eu besoin d’un grand coup de déco 100% loup, il aurait pu nous demander conseil (Rires).

Décoration loup

À qui conseilles-tu le film ?

Nashoba : Je le conseillerais aux personnes qui sont déjà « initiées » à la cause du loup car on apprend finalement peu de choses. Ce n’est pas un film documentaire comme on peut l’imaginer, mais plutôt un film sur une toute petite partie de leur vie qui est l’extension territoriale.

Meika : Moi au contraire je le conseille à toutes les personnes qui sont curieuses et qui aiment la nature. Pas besoin forcément de tout connaître sur le loup, car les images sont superbes et l’intention de défendre le loup très noble. La distance qu'installe le réalisateur avec le loup rend ce reportage très authentique. La quête du loup nomade n’est au final qu’une excuse pour contempler la vie sauvage. Il parle à un moment d'infinité et je trouve ça très beau d'imaginer le règne du vivant comme un infini que l'on peut observer. Donc si tu aimes la nature, les animaux, les beaux paysages… je te le conseille fortement. Je ne le conseillerais pas à un ami qui cherche un discours philosophique ou moralisateur car c’est à mon sens très peu abordé, et en sortant de la salle on reste spectateur.

Marche avec les loups : bande annonce

Ta note Allociné ? 

Nashoba : 3,5/5 On ne comprend pas tout de suite où veut aller le film et j’aurais aimé en apprendre plus sur le mode de vie du loup dans les Alpes

Meika : 4/5 Décousu mais attachant par l’intention, l’amour du sauvage, l’image et la musique

Toi aussi tu as vu le film ou tu veux le voir ? N’hésite pas à nous donner ton avis ! À bientôt sur Passion-loup,

Meika

Meika et Nashoba 


1 commentaire

  • AG

    film très authentique, attachant, ça change des docus très pros sur les loups, meutes, etc, on a des docus animaliers sur les loups de Yellowstone pour ça et autres films très bien, donc au moins ici c’est simple, joli, on a l’impression d’être une petite souris qui espionne le bonhomme et on s’habitue bien à sa voix (extinction de voix?), très plaisant. Beaucoup d’émotion, de compassion, perso je ne supporte pas les humains qui se posent en dictateurs de la nature, comme les chasseurs, les agris, les nuisibles humains de toutes sortes (randonneurs bruyants en motos inclus)… Ceux qui décident de “réguler” une nature, pour qu’elle s’adapte à leur bon vouloir, alors que ce sont les humains qui doivent s’y adapter. Triste image du renard pendu, lamentable geste sadique d’un “chasseur” qui a décidé que ce pauvre animal innocent n’avait pas sa place… Comme tous les autres “prédateurs” mal aimés, le chasseur doit être seul, il tue les autres, loups y compris.
    Alors que les victimes (moutons ou autres) sont probablement tuées par des chiens errants ou chiens de chasse (lancés par leurs maîtres?), oui mais voilà, pas d’indemnisation, donc on dit que ce sont les loups… A mettre des troupeaux sans surveillance, lâchés dans les montagnes, forcément qu’il va y avoir des pertes, c’est le risque !!! Mais les éleveurs préfèrent sans doute regarder la tv qu’embaucher des bergers :).

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